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Le rendez-vous de Sophie : Est-ce que la rupture c’est le futur ?

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Quand je me suis mariée pour la première fois, l’idée même de rupture me semblait taboue. Pour la vie. On ne pouvait pas rompre comme ça. C’était une autre époque. Mon mari était très gentil, mais un peu agaçant, à tenir autant à moi qu’aux cordons de sa bourse, et à m’imposer, en plus de son chien, sa mère. D’abord de temps, en temps, puis, (je passe les années) à tous les repas. (En plus, je l’ai déjà raconté, il était volage.)

Nous aurions peut-être dû nous séparer, ou je me serais habituée, mais il a fini par mourir bêtement d’une rupture d’anévrisme, et je suis devenue veuve.

C’était ma première rupture. Oh, j’ai pleuré, j’ai porté et broyé du noir, j’ai regretté que nous n’ayons pas eu le temps d’avoir des enfants, j’ai souhaité que son chien suive sa trace, mais comme l’animal était en pleine forme, j’ai déménagé pour m’éloigner de lui, et de ma belle-mère qui dormait maintenant chez moi presque tous les soirs.

J’ai tourné la page. Ensuite, et bien, j’ai ouvert les yeux. Et j’ai rencontré mon voisin. (Je passe les années) Un deuxième mari plus fidèle et plus fécond que le premier. Nous avons eu deux enfants. J’ai d’abord pensé qu’il n’y avait plus qu’à vieillir ensemble, grâce à la complicité qui nous unissait « comme les rides te vont bien, Sofie. Merci, Marcel, j’adore ton tour de taille qui s’étoffe. » Avant qu’il ne me quitte, lui, après dix ans de mariage. Il n’aimait plus tant que ça mes rides, et par contre, il adorait notre femme de chambre.

J’aurais pu renoncer, après deux expériences aussi peu concluantes, mais je me suis offert un lifting c’était une autre époque avec l’argent du divorce, et (vous vous en doutez peut-être) j’ai enchaîné, puis pris goût à la rupture. C’était devenu mon petit vice à moi.

J’aurais par exemple, pu rester un peu plus longtemps avec mes cinquièmes et sixièmes maris, qui étaient deux hommes sans histoires, et parfaits dans leurs rôles. Aucun ne ronflait, ils étaient tous les deux généreux, protecteurs et respectueux de mes choix, pleins d’esprits (j’ai eu un mari qui cachait sa platitude derrière des diplômes et une carrière de choix et ce n’était pas drôle…) Non, je n’avais rien à leur reprocher, sauf au quatrième, de manquer de concision dans ses réparties, et au cinquième, d’être trop un peu discret dans ses démonstrations.

Alors, est-ce que la rupture c’est le futur ? Je l’ai pensé, au début des années 2000, quand j’ai constaté qu’autour de moi, ce n’était plus une autre époque. Les séparations devenaient plus courantes que les mariages. Je l’ai pensé, à chaque fois que j’ai rompu. Même si ce n’est qu’un mensonge de plus, pour éviter d’affronter le vide de chaque faux pas problème (la famille, la belle famille, les enfants, les beaux-enfants, le-mari-le-père-l’amant.) La rupture, c’est une des théories de l’existence qui m’a conduite où j’en suis, avec sa sœur, qui n’a pas peur du contraste : « en amour, il ne faut pas faire les difficiles. »

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