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La vérité sur les préliminaires

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La_vérité_sur_les_préliminaires

Il y a eu un moment, après la révolution sexuelle, au creux des vagues de la folie de la partouze, où les corps se sont un peu calmés, et les préliminaires sont apparus. Avant, on ne leur laissait pas la parole. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas, simplement on n’en parlait pas. Chacun pouvait bien en réclamer, mais c’était facultatif. Sauf que les préliminaires ont fini par en avoir marre qu’on les laisse de côté alors que tout dépendait d’eux.

Et aussi, il faut dire qu’ils étaient partisans de recadrer certains hommes qui en avaient bien profité, sans vraiment tenir compte de ce que les femmes qu’ils croisaient pouvaient attendre d’un rapport sexuel. Les préliminaires ont donc contribué à ce que ça se normalise, les coïts. Les choses devraient dorénavant se passer ainsi : commencer par les préliminaires, poursuivre ensuite par l’acte sexuel, et enfin terminer par l’orgasme. Tant pis si ça mettait un peu la pression et faisait pas du tout envie, annoncé comme ça, il fallait dire la vérité comme elle était.

Un peu d’histoire, d’abord, pour se consoler et constater que les préliminaires, c’est pas un mot sexe du tout. Il y avait « prolégomènes », qui était encore pire, mais les partisans de la libre circulation des corps se sont dit qu’il fallait quand même pas exagérer. Le mot touche-pipi a vite été mis au rebut, parce que personne ne pourrait bâtir une carrière de sexologue dessus.  « préliminaires » a donc été retenu, pour ce petit côté classique sans prétention qu’on peut pas leur enlever.

Ça désigne, au départ, les négociations préparatoires à un traité de paix. Carrément. Prenez-les au sérieux. Même si côté excitation, vous repasserez. Il paraît que dans un raisonnement sans préliminaires, on n’arrive jamais à la conclusion. Mais on peut aussi s’en lasser. Des préliminaires, pour quoi faire ? Les butors qui ont tant à dire sur les réseaux sociaux ne se formalisent pas de ce genre de détails.

La question, c’est donc ça. Pourquoi les préliminaires sont-ils à la mode et faut-il la suivre, cette mode de la bonne conscience, qui transforme nos élans en passage obligé ? Sommes-nous des doux ou des durs ? Certains disent que l’amour sans préliminaire est plus bestial. Ils n’ont pas tort, puisqu’ils servent d’abord à préparer les corps à une rencontre un peu plus réussie. Les caresses, c’est parfait pour devenir plus compatibles.

Et voilà que les mains se découvrent, et que ça s’apprivoise, en tout bien tout honneur, sans y aller trop franchement. La plupart de nous (à part peut-être Sade, qui avait une conception de l’étreinte bien à lui) adorent, mais ça dépend aussi des moments. Des pulsions. La vérité sur les préliminaires, donc, c’est qu’on ne perd rien à faire confiance au politiquement correct, en le remettant un peu en place d’un coup de hanche dès qu’il dépasse les bornes.

 

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