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Microfiction : les doutes de l’amour

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Une rencontre, et ça y était, on s’aimait. À la folie. On marchait sur des tapis de fleurs, on dansait dans la ville, on fonçait tête collée vers des lendemains qui semblaient plus légers (même si on travaillait beaucoup, et qu’on dormait peu) et tout le monde nous disait qu’on allait bien ensemble.

Alors ? Pourquoi fallait-il que je doute, il doute, on se mettait à douter, après une dispute qui se terminait un peu moins bien que sa précédente, ce-mec-est-vraiment-nul, face à des situations où il n’avait plus l’air si super, ni moi (cette-fille-est-un-peu-lâche). Les fleurs avaient fané.

Alors ? C’est vrai que nos doutes auraient pu nous permettre de faire de notre histoire une énième aventure compliquée digne d’un film, on aurait pu se séparer petitement, puis se remettre ensemble comme des grands, ping pong pascalien, avant de se décider pour de bon. Le premier qui quitte a gagné.

Alors ? On aurait pu pleurer, ou s’énerver, mais non, on se contentait de douter. Ensemble. Ce n’était pas un sentiment agréable, c’était même particulièrement déplacé, quand ça arrivait dans des moments où on espérait passer du bon temps. Ce week-end prévu depuis longtemps et qui démarrait mal : un retard, un regard de travers, une valise trop lourde, un hôtel pas terrible, la météo contre nous, et paf ! Le doute. S’amenait : Il n’était peut-être pas le bon. Je n’étais peut-être pas la bonne. Superman a mal aux cheveux. Supergirl a perdu sa langue. Est-ce qu’on n’est pas mieux seul(e) que mal accompagné(e) ? Est-ce que la répétition des situations, ne finit pas par tuer toute surprise et donc anesthésie les sentiments ?

« On doute, parce qu’on n’arrive plus à se laisser porter. », disait ma meilleure amie, qui n’arrivait pas à se caser.

« On doute, parce qu’on sait ce qu’on ne veut pas, mais ça ne nous rapproche pas tellement de ce qu’on voudrait. », m’apprenait ma mère, qui avait l’âge d’accepter ces choses-là.

Bref, on doutait, et c’était comme un grand vide au milieu de ce qu’on aurait voulu pour ce couple qu’on aimait bien : toi + moi. On avait pourtant pris soin de s’engager, ensemble, de se le dire, on savait qu’il était partout, à tous les croisements de la rencontre, et on espérait bien qu’on saurait s’en protéger. On avait souscrit une assurance-vie, mais il n’existait pas d’assurance-doute.

Alors ? On essayait le dialogue, les retrouvailles sur canapé, les dîners aux chandelles, les câlins bienveillants, les cascades au lit, les disputes audacieuses, la confiance, l’espoir, la prise de bec instinctive : tout plutôt que le doute. Mais on y revenait, à chaque fois. Toi = toi, moi = moi, et franchement, ce n’était pas forcément mathématique.

Alors ? On s’aimait. Et c’était fou, de voir s’additionner les années (erreurs). On doutait, oui. Ça nous arrivait. De toutes nos têtes. Accrochés aux lendemains qui nous entraîneraient bien quelque part, en essayant de ne pas trébucher. Et puis, après le travail, il m’offrait encore souvent des fleurs, et on dansait sans calcul pour les écraser, nos doutes, les pieds en cœur. Et tout le monde répétait qu’on finirait ensemble.

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