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L’histoire impossible !

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Je suis tombée amoureuse, ça arrive, et c’était plus agréable que de ne pas l’être, après quelques années de célibat et la suspicion générale qui m’entourait (« Tu comprends, elle veut l’impossible… »)

J’étais amoureuse, c’était ce que je voulais, ce que tout le monde attendait, sauf qu’effectivement, l’homme pour qui mon cœur battait n’était pas libre, je le savais, et je ne m’en inquiétais pas. C’était le nouveau fiancé de ma meilleure amie. Carrément. Comme elle en changeait tout le temps (elle, aimait l’alternance, pas l’impossible), je ne m’étais pas inquiétée, et avais gardé mon petit secret pour moi, en attendant qu’un peu de temps passe, et que je puisse faire quelque chose de ces sentiments si aériens. Ah, quand je le voyais, je n’en pouvais plus, parfois, je rougissais, souvent je ne disais plus rien. S’il y avait du monde, je restais pour avoir le plaisir de le regarder de loin, et si la compagnie se clairsemait, je suivais le mouvement, pour éviter de me faire repérer. Parce que lui parler directement me faisait bafouiller. J’avais du mal à contrôler mes mots, mes yeux, et j’adorais ça.

J’attendais.

Mais ma meilleure amie, peut-être parce qu’elle avait remarqué quelque chose, peut-être parce qu’elle était vraiment amoureuse ne lâchait pas l’affaire. Ce garçon était devenu son nouveau trésor, et c’est vrai qu’il était précieux. Il était du genre à connaître un peu tous les bons plans, dans pas mal de domaine (« tu veux déménager ? J’ai un copain qui quitte son loft avec terrasse plein sud dans deux mois… » « Tu cherches un nouveau boulot, je connais justement la personne qu’il te faut, appelle-là de ma part. » « Tu cherches une idée pour ton nouveau roman, j’ai rêvé la nuit dernière d’un scénario d’enlèvement complètement inédit, best-seller assuré » Quand il était là, tout tournait autour de lui.

J’étais donc amoureuse. De l’amoureux d’une autre. (Si ça se trouve, je n’étais pas la seule.) Et lui, dans tout ça ?

Lui, il était parfait. Souvent, il me souriait. Une fois, il m’avait pris la main. (Je pleurais, parce que je venais d’apprendre que ma grand-mère venait de mourir.) En général, il ne faisait pas plus attention à moi qu’à n’importe qui d’autre. Le grand jeu, quoi. Mais quand on est abonnée aux amours impossibles, c’est beaucoup plus attachant que n’importe quelle attitude trop ouvertement dédiée à une admiration sincère, assortie d’un sentiment prometteur.

(Parce que, et cela ne sortira pas de cette parenthèse, les amoureuses de l’impossible, comme moi, sont plutôt attirées par des hommes qui ne les aimeront jamais. C’est comme ça.)

Pour la fin de l’histoire, j’aimerais bien vous raconter comment, cinq ans après, je lui aurais avoué qu’il me plaisait, et que cela l’aurait ému à jamais, quand je l’ai vu passer par la vitrine du night shop de la rue, mais j’étais alors en couple avec un hindou qui partait le lendemain s’installer en Pologne, en train de payer la bouteille de mauvais rhum qui scellerait notre séparation.

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