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La première fois que je l’ai vu…

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Il était grand, chauve, souriant. Je savais qu’il plaisait aux femmes, parce qu’il y avait beaucoup de trafic sur son profil, il m’avait écrit des petits mots doux, charmants. J’étais tombée sur lui tout de suite après avoir ouvert mon profil. Le premier homme que je trouvais sur ma route.

Un hasard ? Le destin ?

J’avais tout de suite eu envie de le rencontrer. Et d’y croire. Il avait un prénom que j’aimais bien.

Mais je n’osais pas le contacter. J’avais peur d’être déçue. Je me trouvais plein de fausses excuses. Je ne suis pas d’humeur. Mieux vaut favoriser les expériences, pour trouver le bon. Il faut que je refasse ma teinture. (Manucure / épilation / coiffure / garde-robe… Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas.) Je dois absolument voir ma sœur. (Je négligeais ma sœur, et m’en sentais coupable dans ces moments-là, quand il aurait fallu que je me prenne un peu en main.) J’ai des tonnes de factures en retard. J’ai une vie à vivre, et je meure d’ennui.

Bref, ça promettait de se terminer avant d’avoir commencé, cette légère, très légère attirance, pour un homme qui en avait sûrement vu d’autres. Mais je revenais souvent à ce qui aurait pu être (dû être) l’histoire que j’attendais. J’aimais bien penser à lui le matin en me réveillant, et le soir en me couchant. Je n’avais jamais aimé dormir seule.

En attendant, je ne rencontrais personne. Je ne prenais même pas vraiment le temps d’aller explorer d’autres profils. J’avais toujours été du genre fidèle, mais là, c’était peut-être un peu excessif. Je ne consultais que son profil, je relisais ses messages, des papillons dans les yeux. Je répondais poliment à d’autres, qui prenaient la peine de s’intéresser à moi, que c’était très aimable, mais là, tout de suite, je n’étais pas prête à faire le pas d’une rencontre.

Il y en avait un qui avait un peu insisté : il était persuadé que nous étions faits l’un pour l’autre. Ce qui m’avait d’autant plus découragée. Je n’allais pas jouer son rôle à mon tour, avec mon grand, chauve, souriant. Je me rendais bien compte de l’effet que pouvaient provoquer des messages déplacés, quand on projette son désir sur un quelqu’un d’autre qui s’en fiche, et qui s’en fichera toujours. (Je n’étais pas une grande optimiste.) Entre provoquer l’indifférence ou me ridiculiser, je trouvais mes options limitées.

Et puis, un matin, j’avais compris. Que c’était dommage. C’est vrai que je n’étais pas une femme parfaite, et certainement pas une femme pour un homme parfait. C’est vrai que quand les feuilles tombaient des arbres, je ne m’intéressais plus à mon jardin. C’est vrai que j’étais la spécialiste des occasions manquées. Combien de soldes avais-je laissé derrière moi ? (Combien d’hommes ?) Cela faisait un mois que j’avais reçu son dernier message.

Le doigt sur la souris, je cliquais sur “répondre”.

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