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Histoire coupable

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Vous avez déjà vécu une histoire coupable ? De celle dont on ne se vante pas en public, parce qu’elle est hors-norme, que quelque chose ne cadre pas avec ce qu’on attend de vous en terme d’amour, d’engagement, de fiabilité du désir ? Moi, oui.

Coupable. Je suis coupable. Aimer, c’est compliqué, tout le monde le sait, et même si certains couples montrent un exemple qu’on aimerait tous suivre : ils s’adorent, ils sont faits l’un pour l’autre, ils n’en rajoutent pas, bref, ils sont heureux. Pour d’autres, c’est moins évident. Pour moi, par exemple. Mais même si je sais que ce n’est pas bien, ce que je fais (je couche avec ma secrétaire et elle va finir par quitter son mari pour moi, c’est sûr, mais moi je ne quitterais pas ma femme, c’est sûr), je continue, avec ce seul mot parasite, de temps en temps. « Coupable. » Mais je ne le laisse pas m’envahir, non, c’est comme une petite lâcheté qu’on s’autoriserait entre deux rendez-vous d’affaires tout à fait légitimes.

Quels sont les paramètres de l’attirance ? Certains d’entre nous y voient des lois, que chaque individu se donne ou pas à lui-même, mais depuis que j’ai arrêté de lire Kant, (et surtout depuis que j’ai touché ce sein rond et infiniment voluptueux pour la première fois) je sais que l’attirance, c’est surtout quelque chose de physique et que le corps est un véritable moteur à explosion. Poum ! J’ai l’impression d’avoir à nouveau quinze ans.

Mais, coupable. Oui. Je ne peux pas le nier. Surtout si la secrétaire résiste, et que ça insiste, et qu’un jour, ça passe, mais pour mieux casser. Coupable. Ça va casser. Je le sais. Elle est trop jeune, c’est sûr, je ne l’aime pas c’est sûr, je l’aime pour son corps, c’est sûr, elle couche avec moi pour mon argent, c’est sûr. Les preuves sont là, partout. Entre le premier coup d’œil et ce moment où on se retrouve le nez sur le sein qu’on ne saurait voir.

Au début, je me disais que la culpabilité fait son lit (avant de se déshabiller) sur un vieux réservoir judéo-chrétien. Et que j’étais au-dessus de tout ça. Après tout, ma femme, je l’aimais. Et on savait comment être heureux ensemble.

Mais toujours ce petit mot, traînait, quelque part, au réveil, au coucher, avant de la toucher. « Coupable ». Et je savais que ce n’était pas bien, quand j’ai prévu mon premier faux week-end séminaire. Et je savais que je m’enfonçais, quand les réunions bidons se passaient dans des chambres d’hôtels dans lesquelles mon sens des affaires se transformait en sens de l’affaire. Mais à part ce petit mot, tout allait bien. Et puis, je pouvais arrêter quand je voulais. D’ailleurs, j’allais le faire.

Alors quand elle a téléphoné à ma femme, après m’avoir remis sa démission, j’ai compris que la culpabilité a une sœur qui s’appelle la vengeance, qui, elle, ne se contente pas de susurrer aux oreilles mais débarque dans votre vie, avec un vocabulaire étendu de la conséquence. J’étais coupable, je suis maintenant, aussi : un salaud (ma femme et ma maîtresse ont l’air d’accord là-dessus) un pauvre type (la voisine) un sacré veinard (mon voisin, le mari de la voisine) et un cœur à prendre (moi, qui ouvre mon profil sur rendez-vous.be)

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