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En situation avant la rencontre

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questions_rencontresJ’étais connecté sur le site. Bonjour les rencontres. (Bonjour l’amour.) Je préparais les réponses à mes messages. La veille, j’en avais reçu trois. Inès, mon âge, légèrement méfiante, mais sans complexe. Victoria, un peu jeune : elle voulait des enfants. Constance, prude, mais vraiment pas mal. Physiquement, c’était celle qui me plaisait le plus. Trois femmes et moi, en situation de rencontre.

J’hésitais.

Je pourrais essayer l’une après l’autre, au sens exclusif du terme. Si ça ne marche pas avec la première : on passe à la deuxième. Et ainsi de suite. Mais c’était frustrant. Si ça marchait avec la première, j’aurais peut-être des regrets concernant les autres. J’étais inscrit sur un site de rencontres, c’était tentant d’en profiter un peu.

Autant rencontrer les trois, et me décider après, à n’en garder qu’une (ou deux) le temps d’être sûr.

C’était une stratégie, mais qui comportait des risques si les filles se crispaient sur la question de l’exclusivité. Je pariais qu’elles n’aimeraient pas partager l’homme de la situation. Je risquais de faire des gaffes, et de les perdre toutes à la fois.

Si j’envoyais un message à l’une, qui en concernait une autre. Si l’une laissait traîner chez moi des affaires que découvrirait l’autre. Si j’en appelais l’une par le prénom de l’autre, tandis que la troisième sonnait à la porte, et que la deuxième me téléphonait. Bingo.

Et moi ? Qu’est-ce que je voulais ? Pourquoi étais-je inscrit, là, sur le site ? Tout à coup, le vide, comme ce jour de mes vingt-deux ans, quand une fille plus grande que moi, avait essayé de m’embrasser. J’avais beau les regarder, là, comme des marchandises qu’on choisit en procédant par élimination, je me rendais compte que je ne voulais pas être petit. Je ne pourrais jamais en aimer trois à la fois. (J’étais un mec bien, m’avait dit la géante.)

Et que fait un mec bien, sur un site de rencontres ? Il soupire, et se résigne : le trois en un, c’est pas son truc.

Je relisais encore leurs messages. Constance ne disait pas grand-chose. Victoria en disait trop. Restait Inès. Inès derrière l’écran, qui indiquait qu’elle était de petite taille. Et pourquoi pas ? Ce serait Inès. Elle avait des taches de rousseur, et connaissait peut-être, elle, la recette de l’amour.

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